Partager cet article
Seth Rogen et Evan Goldberg, un duo que j’adore depuis Superbad (qui reste à ce jour une de mes comédies préférées) rempile avec une série satirique sur le milieu des studios hollywoodiens.
Dans celle-ci, nous suivons Matt Remick (incarné par Seth Rogen) un producteur exécutif qui se retrouve propulsé président du studio Continental après que sa patronne, Patty Leigh (Catherine O’Hara, connue pour Maman j’ai raté l’avion et Beetlejuice, qui s’est éteinte récemment) se fasse virer. Au dessus de lui se trouve Griffin Mill (joué par nul autre que Bryan Cranston), un patron qui voit dans ce métier simplement un moyen comme un autre de se faire un max de thunes, plutôt que de l’art, au grand dam de Matt.
We don’t make films, we make movies
Matt Remick se retrouve alors à devoir produire un film sur Kool-Aid, et décide d’essayer d’en faire un film culte avec un grand réalisateur, souhaitant en faire son Barbie, et par là-même obtenir la reconnaissance des amateurs de cinéma.
L’hypocrisie et les faux sourires sont au cœur de la série, et donnent lieu à de nombreuses situations explosives et hilarantes. Chaque épisode nous offre un savoureux mélange de stress et de fous-rires. Il s’agit par ailleurs d’un humour très meta, qui n’hésite pas à taper sur Hollywood.
Les personnages évoluent dans un monde de léchage de bottes permanent, et c’est assez jouissif de les regarder s’embourber dans des situations rocambolesques, pour ne pas froisser la mauvaise personne, ou au contraire les voir descendre un autre dans son dos.
Seth Rogen est parfait en patron qui veut être aimé et n’ose pas prendre de décisions, de peur que des cinéastes ou des artistes qu’il admire aient une mauvaise image de lui. Kathryn Hahn, une actrice que j’adore, et que le grand public a pu découvrir avec la série WandaVision, est toujours aussi déjantée et ses passages en tant que chef marketing sont mémorables.
Cela fait aussi plaisir de retrouver certains acteurs que l’on a pu voir dans les productions Apatow (qui ont vu grandir Seth Rogen) ou d’autres comédies de l’époque, tels que David Krumholtz ou Dave Franco.
Nous avions d’ailleurs consacré 2 épisodes de notre podcast à Freaks and Geeks et aux comédies du crew Apatow, que je vous invite à aller écouter si ce n’est pas déjà fait :
De grands noms du cinéma viennent aussi passer une tête dans la série sous forme de cameos (ou plus pour certains), tels que Martin Scorcese, Ron Howard (qui semble adorer jouer son propre rôle, l’ayant fait à plusieurs fois dans Arrested Development ou Curb Your Enthusiasm), Aaron Sorkin, Jean Smart, Zoë Kravitz, Olivia Wilde, Adam Scott… La série n’est pas avare de ce côté là, et c’est une excellente occasion d’inviter du beau monde.

Une farce Hollywoodienne
Comme toujours avec le duo Rogen / Goldberg, chaque épisode est extrêmement bien écrit, avec des dialogues et rebondissements très inspirés, qui rendent intenses des scènes au départ complètement ridicules. Le fait de voir l’équipe très sérieuse et concentrée, se battre pour sauver une comédie de zombies qui infectent les gens en explosant sous forme de diarrhée est drôle, ridicule, et montre par la même occasion qu’il y a de réelles personnes derrière toutes les bouses dont Hollywood nous abreuve.
Les épisodes centrés sur d’autres personnages que Matt Remmick sont tout aussi plaisants à suivre (mention spéciale pour l’épisode 5, intitulé « La Guerre », qui voit Sal (Ike Barinholtz) et Quinn (Chase Sul Wonders) s’affronter pour faire accepter leurs réalisateurs respectifs par le boss pour un nouveau projet. Il y a aussi une petite touche à la Curb your Enthusiasm dans les situations alambiquées qui dégénèrent au fil de l’épisode, qui n’est pas pour me déplaire.
Des situations explosives et hilarantes tout au long d’une première saison sans temps mort.
À noter une BO jazz sympathique, qui colle tout à fait aux enchaînements de situations extravagantes et rocambolesques, mais aussi au fait que les épisodes ont la particularité d’être montés en longs plans séquence, ce qui accentue bien l’urgence du monde dans lequel évoluent les personnages.
Il s’agit clairement d’une série sans fil rouge ou scénario au long cours (hormis la production du film Kool-Aid en toile de fond). On se retrouve simplement plongé dans les déboires d’un directeur de studio et son équipe. Si vous êtes réfractaires à ce genre de série sans réel but, cela risque de ne pas vous plaire. Mais toutes les situations, plans et dialogues sont peaufinés et en font l’une des grandes séries de ces dernières années.
La fin de saison recentre tout de même le récit sur l’avenir du studio, le tout en enchaînant des épisodes en roue libre totale (si vous avez aimé l’extravagance comique de Bryan Cranston dans Malcolm, ne ratez surtout pas les 2 derniers épisodes de The Studio).

Ça ne m’arrive plus très souvent de rire aux éclats en regardant un film ou une série, mais cela a été le cas à de multiples reprises avec cette série, que je recommande donc fortement.
The Studio est disponible sur Apple TV+. Elle a gagné l’Emmy de la meilleure série comique 2025, a été renouvelée pour une saison 2 qui devrait sortir fin 2026 ou début 2027 et dans laquelle viendront s’ajouter au casting Julia Gardner (excellente dans Ozark et The Americans) et Madonna.
Qu’avez-vous pensé de cette série, si vous avez eu l’occasion de la découvrir ?

Description
Création : Seth Rogen, Evan Goldberg, Peter Huyck, Alex Gregory, Frida Perez10 épisodes
Sortie : 26 Mars 2025
Apple TV+
J’ai aimé
- Les situations extravagantes
- La qualité d'écriture
- La chorégraphie des plans séquence
- La critique sous-jacente du milieu du cinéma
J’ai moins aimé
- Rien, foncez !

