Share This Article
Dans ce comics inspiré d’expériences qu’il a plus ou moins vécues, Kevin Mutch continue sur sa lancée initiée avec Une Vie Fantastique, récit qui l’avait révélé en tant qu’auteur et lui avait valu un Xeric Award.
Si vous avez lu ma critique d’Une Vie Fantastique, histoire précédant The Rough Pearl (bien que sortie après en France), vous savez que j’étais ressorti un peu mitigé de la lecture, n’étant pas certain d’avoir réellement aimé ou pas. Étant un grand fan de Daniel Clowes, Charles Burns, ou encore des frères Hernandez, je dois dire que la scène comics indépendante m’attire énormément. Mais à la lecture, j’avais eu l’impression d’avoir un vrai ovni entre les mains, et je dois avouer que je n’avais pas vraiment compris ce que j’avais lu.
N’y allons pas par quatre chemins, la lecture de cette suite m’a encore plus perturbé. Dans cet opus sorti en 2020 outre Atlantique chez Fantagraphics (et disponible chez nous depuis 2022 chez Komics Initiative) nous retrouvons donc Adam, l’alter ego de l’auteur canadien, et Anna, au mitan des années 90, qui sont maintenant mariés (et malheureux) et ont déménagé aux États-Unis. Tous deux essaient d’évoluer dans leur boulot, afin de pouvoir déménager dans un quartier plus à leur goût.

Le personnage d’Adam est toujours aussi antipathique, et va être de nouveau sujet à des pertes de mémoires et impressions de déjà vu, suite à l’abus d’alcool ou non, on ne sait pas trop dire. Il prend d’ailleurs toujours mauvaise décision sur mauvaise décision, peut-être même plus que dans Une Vie Fantastique (en tout cas il y a ici des enjeux plus importants que lorsqu’il était étudiant).
Paranoïa et zombies
Il est maintenant prof à temps partiel dans une école de mode, dans laquelle il enseigne la retouche numérique, et va avoir affaire à de nouvelles responsabilités et également à un nouveau collègue très étrange, qui semble le suivre où qu’il aille. Des formes d’yeux vont faire leur apparition au fil du récit, et les rêves de zombies, qu’il faisait déjà lorsqu’il était étudiant, sont de retour.
Kevin Mutch s’amuse à nous perdre, dans un récit qui peut rappeler les films de David Lynch.
J’ai trouvé l’histoire assez intéressante, mais très bavarde, sans qu’il se passe énormément de choses au fil du récit. Au niveau graphique, j’ai moins aimé qu’Une Vie Fantastique. Kevin Mutch semble utiliser des photos de modèles (dont son propre visage sous différents angles) afin d’avoir de la documentation pour s’aider, mais parfois j’ai même eu une impression de « décalqué » (il est tout à fait possible que cela ne soit qu’une impression de ma part), ce qui m’a gêné. Les décors sont cependant assez travaillés pour la plupart, et comme cela devient plutôt rare dans les comics, autant le préciser.

Entre l’aspect graphique déroutant et les situations un peu cringe que traverse (et provoque) Adam, il en ressort un sentiment de malaise après la lecture (qui est très certainement voulu). La fin ouverte permet aux lecteurs et lectrices de s’imaginer ce qu’il se passe réellement, en cherchant des indices un peu à la manière d’un film de David Lynch, ou bien ouvre un champ de possibilités multiples, mais j’avais cependant également préféré la fin de son livre précédent.

Un troisième tome, Like a Ninja, est en cours d’écriture et devrait venir conclure cette trilogie imaginée par Kevin Mutch. En attendant, vous pouvez si vous le souhaitez soutenir The Moon Prince sur Ulule du même auteur, proposé également par Komics Initiative.

Description
Scénario et Dessin : Kevin MutchSortie : 28 Janvier 2022
Komics Initiative - 192 pages
Prix : 22 €
J’ai aimé
- Suivre les péripéties d'Adam et voir comment il allait s'extirper de ces mauvaises situations
J’ai moins aimé
- Le dessin, qui semble être parfois décalqué
- Un peu trop bavard à mon goût

