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Trahisons, coups bas et chamboulements de statu quo sont toujours au programme avec la nouvelle saison de The Morning Show, sortie fin 2025.
Après avoir traité de #metoo, de la pandémie et du streaming entre autres, le soap opera diffusé sur Apple TV s’attaque en saison 4 aux Jeux Olympiques de Paris 2024 (ou du moins la préparation de la présentation, en trame de fond).
On retrouve l’équipe de The Morning Show environ deux ans après les évènements de la saison précédente, qui voyait la fusion entre les chaînes UBA et NBN (pour devenir UBN, c’est original), qui a donc laissé pas mal de monde sur le carreau. Alex (Jennifer Aniston) avait refusé le rachat d’UBA par son ex-milliardaire Paul (Jon Hamm de Mad Men, de nouveau présent dans cette saison), qui semblait fortement inspiré par Elon Musk en saison 3, mais les scénaristes ont semble-t-il abandonné cette piste pour en faire un personnage moins toxique.
Alex est censée couvrir les JO à Paris dans quelques semaines, mais cela est remis en question à partir du moment où elle aide une athlète Iranienne et son père à fuir leur pays lors d’une interview. En parallèle, elle doit assumer plus de responsabilités, étant montée en grade au sein des décisionnaires d’UBN.
Bradley (incarnée par Reese Witherspoon) a quant à elle dû prendre ses distances avec l’émission, et on la retrouve en début de saison à enseigner le journalisme dans une faculté. Pendant ce temps, Cory (Billy Crudup), évincé et plus ou moins cancelled, essaie de produire un film à Hollywood. Sa relation avec Bradley, complexe, reste la plus intéressante de la série.

Mais c’est Stella qui se retrouve au cœur de l’action cette année, en tant que chef de la division Actualités d’UBN. C’est un personnage que je n’aimais pas spécialement lors de ses premières apparitions, mais les scénaristes ont su au fil des saisons lui donner de l’épaisseur (et cette année ils n’y vont pas de main morte avec elle, la pauvre) et elle fait maintenant partie de mes personnages préférés. Greta Lee signe une belle performance dans ce rôle prépondérant.
Je suis également content de retrouver Chip (Mark Duplass), et l’enquête qu’il effectue avec Bradley au long cours fait partie des temps forts de cette saison. Nestor Carbonell (ou Richard de Lost pour les vrais) campe quant à lui toujours à merveille Yanko, loser sympathique et maladroit.
Comme toujours, pas mal de thématiques sont abordées au cours de la saison. Cette fois-ci ce sont les sujets de l’IA, des deepfakes, de la parentalité, du greenwashing et des polluants éternels qui sont entre autres mis en avant. Mais comme dans les saisons précédentes, le décalage des sujets traités par rapport à l’actualité réelle (vu que le série se passe toujours au moins un an plus tôt), ne rend pas service à celle-ci, car pour certains sujets (malheureusement pas tous) on est plus ou moins passé à autre chose.
De bons ajouts au casting
L’ellipse temporelle entre la saison 3 et 4 permet d’introduire de nouveaux personnages, qui semblent au premier abord sortis de nulle part pour les spectateurs et spectatrices, mais que l’équipe à la tête du Morning Show a l’air de connaître depuis un moment.
C’est notamment le cas de Céline, jouée par notre Marion Cotillard nationale, qui préside le conseil d’administration d’UBN et est donc très présente pour tout ce qui concerne son émission phare. On aime les petits tacles de Cotillard sur la supposée propreté de la Seine pour les JO dans la série, on aime par contre beaucoup moins le personnage de son frère, complètement surjoué par Arnaud Valois.

Un autre ajout au casting est Boyd Holbrook (Narcos, The Sandman, Justified: City Primeval…) qui campe ici Bro Hartman, un podcasteur complotiste et masculiniste qui rappelle grandement Joe Rogan, mais qui se révèle par la suite plus intelligent que ce qu’il ne laisse paraître. Malheureusement, à partir du moment où le personnage prend de l’ampleur et devient intéressant, il est mis à l’écart, pour ne plus réapparaître du reste de la saison. Espérons qu’il soit de nouveau utilisé plus tard.
À noter deux autres ajouts au casting intéressants, Jeremy Irons, qui joue le père d’Alex, et William Jackson Harper (The Good Place, Midsommar) qui joue Ben, qui était à la tête des Sports sur NBN.
La saison 4 n’évite pas les clichés du genre, mais elle reste très divertissante à regarder.
La saison n’évite évidemment pas tous les clichés du genre (comme par exemple l’ancien chef qui s’allonge dans son ancien fauteuil pour mettre les pieds sur son bureau, avec quelqu’un qui le surprend), mais The Morning Show montre ici clairement que les personnages évoluent dans un milieu donnant donnant : chacun doit faire une concession pour pouvoir évoluer (ou ne serait-ce que garder son job), et les plus faibles s’en retrouvent écrasés. J’ai généralement du mal avec ce genre de narration, car souvent les personnages sont tous antipathiques (comme dans Succession pour ne citer qu’une série), mais ici il n’y a pas de personnages que l’on déteste vraiment, la plupart ayant de bons côtés, ce qui fait qu’on s’y attache très vite.

Une autre particularité de cette saison est son rapport à la parentalité : Cory avec sa mère, Alex avec son père, (mais également Chris avec sa fille, puis avec sa fausse couche). Ces sujets sont abordés plutôt en fin de saison et mis en parallèle, Alex et Cory ayant eu une enfance et des parents solo complètement à l’opposé l’un de l’autre.
Dans les côtés positifs, les acteurs sont quasiment tous très convaincants, et on retrouve la photographie toujours très léchée et clean de la série. Ça part un peu dans le grotesque avec l’utilisation de l’IA, mais je comprends qu’ils aient voulu aborder le sujet dans une saison. J’ai aussi trouvé la relation Cory / Céline très mal amenée, mais cela a permis de faire changer de ton la fin de saison, qui accusait un peu le coup en termes de rythme. Les pions finissent par tous se mettre en place dans un final sous tension, même si la résolution laisse quelques points non résolus.
Au final nous avons droit à une saison avec pas mal de points forts, même si je l’ai trouvée un peu en deçà de la saison 3, qui pour le moment reste ma préférée. The Morning Show n’est certes toujours pas une série exceptionnelle (pour cela, nous irons plutôt regarder The Newsroom), celle-ci comportant beaucoup de défauts, mais c’est une série divertissement A++ sur laquelle je reviens avec plaisir, saison après saison.
La série The Morning Show a été renouvelée par Apple TV pour une saison 5, sans plus de précision quand aux dates de diffusion pour le moment.

Description
Création : Jay Carson10 épisodes
Sortie : 17 Septembre 2025
Apple TV
J’ai aimé
- Les coups fourrés entre les personnages
- Cory qui retombe toujours sur ses pattes
- Pas de temps morts et de nombreux retournements de situation
J’ai moins aimé
- La série abandonne complètement certains arcs de personnages, sans y revenir par la suite
- Souvent grandiloquent

