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Dupuis a ressorti récemment la série Ralph Azham de Lewis Trondheim sous forme de deux intégrales. L’occasion de parler de cette série, qui pourra séduire de nombreux fans de fantasy.
Tout d’abord, merci à Fabien de BO BD qui m’a fait découvrir cette bande dessinée dont je n’avais pas du tout connaissance. L’histoire s’étend donc sur 12 tomes, sortis entre 2010 et 2019.
Dans celle-ci, nous suivons le voyage de Ralph dans le monde d’Astolia. Il fait partie de ceux que l’on appelle les « bleuis » (comprendre une personne qui a développé des pouvoirs magiques, et ce dès son enfance). Ralph, bleui et maintenant jeune adulte, est un paria et un loser dans son petit village. Jusqu’au jour où ledit village se fait attaquer par la horde de Vom Syrus, un être maléfique craint de tous. Selon la légende, un élu est censé tuer celui-ci, et tout prête à croître qu’il s’agirait de Ralph.
Le pouvoir de Ralph est de voir combien d’enfants ont les gens. Il va par la suite développer un second pouvoir, celui de faire apparaître (seulement visibles par lui, mais tangibles pour tous) les personnes tuées par les gens qu’il croise, ce qui va lui être très utile dès qu’il se retrouvera sur le chemin d’ennemis ou de meurtriers.

Nous allons alors au travers des différents tomes suivre ce voyage initiatique lors duquel il fera de nombreuses rencontres (Zania ❤), qui l’aideront dans sa quête. Lui et son équipe vont alors être menés à déjouer un complot millénaire.
Le ton donné à l’histoire et l’humour pince sans rire du personnage principal, plein de réparties sarcastiques, fonctionnent très bien sur ce récit. Le découpage se compose parfois de plusieurs petites scènes sous forme de strips, croisées avec d’autres scènes plus longues et épiques.
Je n’ai jamais trop lu de Trondheim, à part un Lapinot, Le Blog de Frantico (oui, sa véritable identité a enfin été révélée il y a quelques années) et une incursion chez Disney, mais j’imagine que dans le style et l’univers cela doit surtout ressembler à sa série Donjon. L’influence de Mœbius semble par ailleurs très assumée et présente.
Même si forcément cela se ressent moins lorsqu’on lit le récit sous forme d’intégrale, j’ai trouvé que les twists et cliffhangers en fins d’albums étaient très bien amenés et gérés.

Cependant, à partir du tome 6, intitulé “L’ennemi de mon ennemi”, l’arc principal touche à sa fin. Le récit opère alors un virage, et va commencer à tourner en rond, et ce jusqu’au final. Cela se ressent que Lewis Trondheim avait moins de choses à raconter pour cette deuxième partie.
All the pieces matter
J’ai toutefois bien aimé que Trondeim ne laisse pas en plan les personnages que l’on croise au fil du récit. Chacun a un rôle à jouer, et certains personnages, même si on ne les croise pas durant 2 ou 3 albums, ne sont pas oubliés et peuvent revenir, avec leur rôle à remplir (mais attention , je vais me contredire dans la suite de cette critique).
Le côté original de cette BD est qu’au fil des tomes et de l’ascension de Ralph Azham dans les sphères du pouvoir, celui-ci devient de plus en plus sarcastique, antipathique, puis finalement dépressif. Il est difficile d’être d’accord avec sa façon de procéder, et la lecture nous force à nous questionner sur ce que l’on ferait si on se retrouvait à sa place.
Trondheim semble malheureusement se désintéresser de certains personnages au fil des tomes, qu’il finit par occulter.
Mais j’ai trouvé que Trondheim finissait par délaisser au fur et à mesure certains personnages importants (Zania / Yassou, mais d’autres également), alors qu’il s’agissait d’une des forces du récit. En effet, il semble se désintéresser de certains, quitte à complètement les occulter du dernier tome. On se demande d’ailleurs toujours où est partie la sœur de Ralph après leur dernière rencontre, assez traumatisante.
J’ai donc trouvé qu’il y avait une baisse de qualité entre la première moitié (les 6 premiers tomes) et le reste de la série. C’est dommage, car j’ai tout de même bien apprécié la lecture, et on s’attache vite aux personnages, dont on a envie de connaître le destin. Je réserverais pour le coup cette saga aux fans de l’auteur et de son ton particulier.

Description
Scénario et dessin : Lewis TrondheimSortie : 14 Novembre 2025
Dupuis - Environ 300 pages par intégrale
Prix : 39 €
J’ai aimé
- La mise en images des différents pouvoirs
- Les personnages, assez travaillés
- L'univers heroic fantasy
J’ai moins aimé
- Le récit qui tourne en rond au bout de la moitié

